Libre comme l'Eire

Libre comme l'Eire

ODE A MA BIEN-AIMEE

Je pense a cette femme qui m'a seduite, et que j'ai penetree avec les egards dus a son rang. Elle m'a initiee a l'amour, sans rien dire que les mots des grands hommes. Lorsqu'elle m'invitait chez elle, je saluais la statue d'un poete dans l'entree. Puis elle me laissait deambuler dans ses appartements, plusieurs fois par semaine, et quand les autres jours sa porte restait close, je passait devant elle en soupirant.

Cette femme resonne. Les textes fondateurs le matin, la musique eternelle le soir.

Parfois, elle crie.

Elle crie a l'injustice, par la bouche de mille soupirants. Un immonde jaloux qui n'entend rien, ni aux cris, ni aux ecrits, a decide qu'elle criait trop souvent et trop fort. Il cherche a la faire taire, la changer en vieille fille en robe de dentelle et aux livres poussiereux. L'accent de la verite et de la rebellion, ne sera plus qu'un silence empese ou des gens viendront trainer les pieds pour entendre que, dans un autre temps, cette femme enseignait, inspirait, liberait les esprits par la force des idees.

On n'etudiera plus a la Sorbonne. L'immonde jaloux en a ainsi decide. Il veut la demembrer, la morceler.

Mais il est fou de croire qu'en ecartelant une femme on la fera crier moins fort.






02/11/2009
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