Libre comme l'Eire

Libre comme l'Eire

L'ARC EN CIEL ET LE POETE

En voyant les flaques refleter les nuages, le poete a la sensation qu'il deviendra marcheur du ciel.



La lumiere est trompeuse sur le miroir lisse et brillant. Il s'approche pour caresser les nuages de ses pieds, sans entendre le clapotis de l'eau. Il ne voit que le jet de couleurs au loin. On lui a toujours raconte que des choses merveilleuses se cachaient au pied des arcs en ciel, lutin, chaudron d'or et pays des fees. Il avancait, audacieux, ignorant le sable ou ses pieds s'enfoncaient, et l'eau froide cousue d'algues. La lumiere etait la seule chaleur dont il avait besoin, revelant le rose des nuages, ronds comme les seins des Muses. Il etendait les bras, au-dessus, au-devant de lui, et il souriait. L'eau de ce jour d'hiver lui montait aux genoux et l'odeur de la vase lui semblait un parfum de femme.

Une femme criait, au loin sur la rive,

"Reviens ! Reviens !"

mais pour lui c'etait une sirene lui chantant

"Viens, viens..."
 

et il marchait vers elle. L'eau maintenant lui montait a la taille, et le chant a la tete. A mesure que le soleil gagnait le ciel et l'eau, l'arc en ciel disparaissait au loin, le poete avec lui.





04/11/2009
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