Libre comme l'Eire

Libre comme l'Eire

DESPERATE WORKWIFE

- Hi, my name is S-, and I'm a workaholic.

- Hi, S-

Je suis inscrite, depuis la rentree, aux travailleurs acharnes anonymes.

On connait les alcooliques anonymes, et aussi les accros au shopping depuis un certain film

les accros au chocolat, ou tout autre domaine qui puisse etre affuble du fameux suffixe "holic" par des anglophones ayant decouvert une nouvelle obsession a la mode.

Et puis il y a l'obsession moins seduisante que celle du leche vitrine ou du chocolat. Il y a le boulot. En fait, cette annee, je n'ai pas un TD de litterature francaise.

J'en ai trois.    

Pas tout a fait le meme, pas tout a fait un autre, mon cours de litte doit s'adapter a trois groupes: l'un compose d'etudiants debutants qui souffrent un peu. Le deuxieme tres vif. Et le troisieme lors d'un cours du soir, compose d'adultes interesses et volontaires, mais qui ont, disons, les reflexes rouilles.

Ah oui, et puis le boulot de lectrice a proprement parler, avec des textes a lire ou a ecouter, des videos, des questions a elaborer, revoir la grammaire francaise pour l'expliquer le plus clairement possible a des anglophones, reapprendre le Bescherelle, sans oublier de faire les lectures annexes sur Camus pour le semestre prochain.

Bref, comme on dit chez nous, je ne chome pas et, comme on dit ici, je suis une workaholic. Alors quand on pense a un accro du boulot, on voit plutot ca :

Mais qu'en est-il quand le boulot n'est pas vraiment du boulot, mais une forme de gourmandise ?

On lit l'utile a l'agreable, un profil de L'Etranger a Phoenix Park, correction de copies face a une tasse de the, et ainsi le temps et les mots s'ecoulent, avant la douceur finale : le cours.

La comprehension du francais n'est pas toujours a son sommet (voyez comme le fait de frequenter des anglophones m'a dote de l'art de la litote) aussi doit-on rivaliser d'imagination pour faire passer l'essentiel. Du francais simplifie, un peu de langue des dignes, et beaucoup de theatre. Et le plaisir de revenir a ma langue de coeur pour les parentheses culturelles.

Bon, c'est pas tout ca. Le boulot de prof, c'est du stress quand-meme (est-ce que j'ai bien pense a tout : photocopies, livres, feuille de presence, craie / feutre dans la poche, copies a corriger, emploi du temps, magnetophone avec disque correspondant, etc. ?)

Pas d'inquietude : il existe des aides pour les workaholic. En France, ca s'appelle le cafe.

Moi, bien sur, je marche au the, ce qui n'est pas beaucoup mieux. J'ai meme un peu abuse, au point de freiner cette semaine, et passer au jus d'orange presse. C'est fou comme, a Dublin, plutot qu'un abus d'alcool, ce soit l'abus de the qui m'inquiete.

Le the, c'est traitre. Qui irait penser qu'une chose aussi adorable et inoffensive qu'une theiere puisse renfermer un tel poison ?

- Ca y est, ca y est ! s'ecrie Shandy, victorieux.



19/09/2009
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