Libre comme l'Eire

Libre comme l'Eire

BACON



J'ai besoin de d
ésordre. Comme Bacon. Dans son atelier, un miroir piqué, noir du temps, couleurs de la création. Toutes les images, toutes les angoisses s'y sont reflétées pour y rester prisonnieres.

Dans la chambre ou j'
écris, des photos éparses, Tours de livres pretes a s'effondrer : elles chancellent a la vibration de mes pas, au grincement du plancher, a la tempete rageant au dehors qui les fait trembler d'angoisse.

Les murs du peintre sont des toiles impressionnistes, inachev
ées, brouillonnes et bouillonnantes, recouvertes d'essais de couleurs ou de taches de pinceaux nettoyés a la hate.



Une vie en d
ésordre pour mieux construire ses toiles, ma chambre chamboulée pour que l'encre coule, dans un style sage ou saccadé selon les caprices du jour.

Besoin de chaos pour que l'
écriture vienne. L'encre de Francis Bacon se jette sur la toile en nuances torturées.



Et pourtant, la lumiere affleure, elle trace son chemin sur les noirceurs de l'ame, interstices d'espoir dans un bleu de tempete.

Des visages grotesques et effrayants se détachent sur fond noir, des silhouette inachevée sur fond rose qui dit tout le désir des femmes...

Dire que cette terrible beauté a jailli d'un atelier impossible, jonché de papiers et de plastiques, pots de peinture bon marché, pinceaux usagés, toiles percées dans un acces de colere, quand l'artiste touche au beau mais va un peu trop loin.

Et moi qui passais tous les jours devant son lieu de naissance sans le savoir...




20/01/2010
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